La vie sur l’Île de Gunkanjima
L’Île d’Hashima est un lieu d’extraction du charbon depuis la première moitié du XIXe siècle. La mine est passée sous le contrôle du zaibatsu Mitsubishi à la fin du XIXe siècle et cette petit île, d’à peine plus de 1km de long et 200 mètres de large, a compté plus de 5 000 habitants et une densité de 83 600h/km² à la fin des années 1950.
Ce film d’actualité diffusé au cinéma présente le travail et la vie dans cette communauté isolée, à une heure de bateau de la ville de Nagasaki. On y présente d’abord brièvement les mineurs partant pour le fond, un rituel shintoïste et une cérémonie rassemblant les familles pour la sécurité au travail. Au-delà du message de cohésion sociale, ce que ce film présente ensuite aux spectateurs japonais, c’est la modernisation et la hausse du niveau de vie des familles de mineurs. Ces images sont en décalage avec les représentations dominantes de l’époque centrées sur le conflit – cinq ans après la grande grève de Miike -, le danger – la grande explosion du puit Mikawa ayant eu lieu deux ans auparavant -, la misère des conditions de vie de communautés minières touchées de plus en plus par le chômage.
Le film montre la modernité des logements, le développement de la société de consommation et des loisirs et l’accession de la classe ouvrière aux normes de la classe moyenne, avec notamment le travail domestique de la femme au foyer dans son intérieur moderne. Il témoigne des contradictions de la politique de rationalisation et de modernisation de l’industrie minière à partir du milieu des années 1950.